Méthode Intermédiaire (page 1)

Maintenant, voyons la façon dont la plupart des films sont produits actuellement :

  Curieusement, des films qui paraissent très complexes à l'écran, comme Matrix, sont tournés en grande partie sans time-code. Pourtant... le résultat, tout comme des milliers d'autres films tournés dans les mêmes conditions, est tout à fait professionnel, n'est-il pas ? Le montage de tels films, par contre, serait très difficile, voire masochiste, sur une table traditionnelle. Il vaut mieux avoir recours à un banc de montage vidéo ou virtuel.

Rassurez-vous, j'explique aussi...


Rien ne change (par rapport au cas précédent) en ce qui concerne le tournage.

Un clap est effectué pour chaque plan comme nous l'avons décrit au cas n°1, pour permettre de resynchroniser le son et l'image au montage.


Que se passe-t-il ensuite ?

Traîtement de l'image

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Traîtement du son

Le négatif est développé.

Les prises que le réalisateur avait jugées bonnes sont tirées en positif, ne serait-ce que pour la projection des rushes, lors du tournage.

Le négatif est alors mis de côté, il ne sera manipulé de nouveau qu'à la fin du montage.
Les prises jugées bonnes par le réalisateur (sons synchrones), ainsi que les sons seuls enregistrés sur l'initiative du chef opérateur son, sont transferés sur système Direct to Disk audio (PC, Mac ou Station dédiée).

Pour avancer le travail, le monteur son peut déjà faire le tri dans les sons seuls, isoler les silences plateaux, etc...

Un télécinéma des bonnes prises est fourni au monteur.

C'est la clef de toute production cinématographique moderne.

Le but du télécinéma est double :
*   permettre un travail plus souple que sur une table de montage, sur matériel vidéo (magnétoscope ou DtD) et audio (DtD).
   
*   attribuer un time-code aux images et aux sons, pour terminer la post-production sur une base commune.
     

  Il s'agit d'un transfert de l'image argentique (film) sur support vidéo. Au cours de ce transfert, un time-code est couché le long des images. L'adresse de début est choisie arbitrairement par le labo. Les relations entre ce time-code et les key-codes de la pellicule sont sauvegardées sur diskette par le labo. Chaque cassette (d'une durée de 60 ou 90mn) a une diskette associée, le tout est remis à la maison de production qui a commandité le télécinéma.
 
  NOTE : Lorsque vous regardez un film à la télévision, ou sur cassette vidéo, c'est qu'un nouveau télécinéma de ce film a été effectué, une fois son exploitation en salle terminée.

Tant que le son du tournage n'a pas été synchronisé à ces images, le monteur ne peut entamer son travail.


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Pour la suite des événements, le monteur son a besoin
-   soit d'un magnétoscope au même format que celui du télécinéma, pour lire ces cassettes vidéo...
 
-   soit d'un transfert sur disque dur, des images time-codées du télécinéma, à un format exploitable par son système de montage audio virtuel (Quicktime, par exemple).

Nous allons étudier le cas où le travail se fait au magnétoscope, cas le plus fréquent encore, et de loin le plus compliqué.

Traîtement de l'image

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Traîtement du son

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Le time-code du magnétoscope (donc des images) est relié à l'entrée time-code du système de montage.

Dès que le magnétoscope est mis en lecture, le DtD suit donc en synchro, aux mêmes adresses. Idéalement, le DtD devra disposer d'une entrée time-code VITC, ce qui accélère considérablement le repérage des claps, comme nous allons le voir juste après...
 


Le clap du premier plan est repéré, en ralenti image par image, en utilisant la molette de "jog/shuttle" du magnétoscope, ou, luxe délicieux, en pilotant le magnétoscope depuis le DtD par "Contrôle Machine 9-Broches" (protocole de transport presque universel, du moins dans le monde de la vidéo, aussi appelé RS422).

Deux possibilités peuvent se présenter :
* Le DtD comprend le VITC. A ce moment là, lorsque la tête de lecture du magnétoscope est positionnée à l'image exacte où les deux bouts de bois du clap sont en contact, l'adresse de time code correspondante est émise en continu depuis la sortie VITC du magnétoscope, vers le DtD, qui placera donc sa propre tête de lecture à cette adresse.
* Le DtD ne comprend pas le VITC, il n'accepte que le LTC. A ce moment là, lorsque la tête de lecture du magnétoscope est positionnée à l'image exacte où les deux bouts de bois du clap sont en contact, le LTC ne peut être lu par le magnétoscope (la bande étant immobile !). Par contre, l'être humain devant le magnétoscope (vous !) peut lire l'adresse correspondante incrustée en clair au bas de l'écran par le labo. Il ne reste plus qu'à positionner la tête de lecture du DtD à la même adresse, en la tapant manuellement.

Comme on l'a évoqué plus haut, il y a donc deux interventions humaines en LTC (lecture visuelle de l'adresse / saisie de l'adresse au clavier) dont on se passerait volontiers lorsqu'il y a des centaines de plans à resynchroniser : vive le VITC !

NOTE : Pour un DtD qui ne comprend que le MTC (Midi time Code), ce qui est généralement le cas des DtD bas de gamme, il existe de petits boîtiers pas trop chers qui fabriquent un MTC à partir d'un LTC et inversement. On peut alors travailler avec ce DtD comme ci-dessus en LTC. Mais attention, ces petits DtD ont de nombreuses lacunes : comme nous allons le voir plus loin, je doute qu'ils aient une fonction d'auto-conformation !
La prise de son synchrone correspondante à ce plan est dans un premier temps écoutée : on vérifie que l'annonce vocale correspond bien au plan (et à la prise) indiqué par le clap côté image. Puis le clap sonore est repéré :
soit en audio, en faisant un scrub jusqu'à repérer sa position exacte...
soit en visuel (quel DtD n'est plus capable d'afficher les formes d'onde de nos jours !?!?!) en repérant la transitoire caractéristique du claquement sec du clap dans la forme d'onde.

Tout logiciel de montage audio digne de ce nom permet alors de positionner un repère à n'importe quel endroit du fichier son. Ce repère sera bien entendu placé sur la fermeture du clap précédemment repérée.

Tout logiciel de montage audio digne de ce nom permet aussi d'insérer le fichier audio dans la playlist * de manière à ce que ce repère coïncide avec la position de la tête de lecture du DtD.
  * Nous verrons plus loin ce qu'est une EDL. Pour l'instant, le terme "playlist" vous est peut-être plus familier. Disons pour simplifier qu'il s'agit d'un ensemble de fichiers avec leurs paramètres spécifiques de lecture.

Voilà : le premier plan est synchronisé. Si on recule le magnétoscope et qu'on le met en lecture, ce son défilera synchrone avec l'image. On peut passer aux 1499 autres plans du film !!!!!